À retenir : – Le prix et le poids du Vision Pro ont contribué à son échec. – La formation des employés était insuffisante pour présenter correctement le produit. – Les démonstrations en magasin variaient considérablement d’un Apple Store à l’autre. – La transition entre Steve Jobs et Tim Cook a impacté la qualité des services en magasin. – Les ventes de Vision Pro restent très faibles comparées aux autres produits Apple.
Le constat sur l’échec du Vision Pro dans les Apple Store
Le casque Apple Vision Pro n’a pas seulement rencontré des obstacles liés à son prix élevé, son poids ou encore son catalogue d’applications limitées. Dans son livre « Mutiny: The Rise and Revolt of the College-Educated Working Class », Noam Scheiber, journaliste au New York Times, évoque également un problème plus profond : la formation insuffisante des employés a joué un rôle majeur dans ce flop.
Des démonstrations qui se transforment en défis
Début 2024, Apple a organisé une formation secrète à Cupertino pour plusieurs centaines de ses employés de magasins, avec des mesures strictes de confidentialité incluant la confiscation des téléphones et l’interdiction d’échanger entre collègues afin de préserver le caractère novateur du produit. Cependant, une fois revenus en boutique, ces mêmes employés étaient chargés d’animer des ateliers de quatre heures alors que certains avaient reçu seulement une brève démonstration de 20 minutes et peu de temps pour maîtriser un discours complexe.
La mise en scène autour du Vision Pro était censée être cruciale. En réalité, elle nécessitait une exécution presque parfaite : scanner le visage du client, choisir parmi environ 25 caches anti-lumière différents, guider les commandes par le regard et les gestes puis faire naviguer à travers plus d’une douzaine d’écrans. De plus, même la formation souffrait de défauts ; certains employés ont testé sans s’en rendre compte une image floue due à des ajustements négligés.
Ce que souligne Scheiber est que ce n’était pas uniquement la complexité technique du casque qui posait problème mais aussi toute l’organisation au sein des Apple Store. Face à des équipes déjà réduites en personnel et sous pression constante pour respecter le calendrier imposé par la direction, les managers permettaient aux employés davantage de flexibilité dans leurs présentations. Cela a conduit à une grande disparité entre les différentes boutiques.
Un fossé s’est créé entre les attentes élevées d’Apple et la réalité sur le terrain dès les premiers jours suivant le lancement. Environ une semaine après l’introduction du produit sur le marché, plusieurs responsables ont discrètement autorisé leurs vendeurs à utiliser un iPad pour lire leur script au lieu de devoir se souvenir intégralement du texte — ce qui appauvrissait selon certains l’expérience client proposée.
Au fil du temps, beaucoup de magasins ont même abandonné complètement le script écrit au profit d’une démarche où ils envoyaient leurs équipes chercher activement des clients intéressés par une démo sur place tout en baissant souvent informellement l’âge minimum requis pour essayer le casque à 13 ans.
Une évolution marquée dans la stratégie managériale
Noam Scheiber observe également que cette situation résulte d’un changement fondamental intervenu depuis qu’Apple est passé sous la direction de Tim Cook après Steve Jobs. Le cofondateur défendait un modèle basé sur une main-d’œuvre permanente bien rémunérée tandis que son successeur a progressivement favorisé l’augmentation du nombre d’employés temporaires tout en réduisant les formations et en adoptant une approche résolument axée sur la réduction des coûts.
Après avoir brièvement ramené un modèle plus proche de celui instauré par Steve Jobs avec Angela Ahrendts comme responsable pendant quelques années , Deirdre O’Brien n’a cessé depuis lors d’orienter davantage les points vente vers des données conventionnelles comme celles liées aux ventes accessoires ou aux abonnements AppleCare+.
Dans ce contexte délicat se situe donc le lancement du Vision Pro : un appareil pesant 750 grammes avec peu d’applications disponibles vendu initialement au prix fort—3 699 euros sans option supplémentaire et jusqu’à 4 199 euros selon certaines configurations—ce qui représente un coût prohibitif pour beaucoup. Bien qu’une remise employée ait été proposée (soit environ 25 %), peu étaient ceux capables financièrement parlant de se permettre cet appareil afin non seulementde mieux vendre mais aussi tester réellement ses fonctionnalités hors heures professionnelles.
Comparativement à sa petite sœur l’Apple Watch qui avait vu près de dix millions unités écoulées lors sa première année lancée malgré déjà quelques prévisions prudentes révisées vers le bas auparavant (jusqu’à moins70%), il apparaît très acéré que moins550000 exemplairesse sont vendusdu Vision Proen2024; tellement loin derrièrele chiffrerecorddes200millionsd’iPhonevenduschaque année!
Fin mai2024,dansl’Apple StoredeTowsondansleMaryland,d’aprèsles témoignagesdesemployés,certainssignalaientdéjàdessemaines sansla moindreventeetnetevenonplusàchiffresnégatifsaprèscompte tenu duration reverts effectués!