À retenir : – L’équipe d’Apple a voulu publier des modèles d’IA en open source. – Craig Federighi s’est opposé à cette démarche, craignant une mauvaise perception des performances. – Les performances inférieures des modèles d’Apple par rapport à ceux de la concurrence auraient été révélées. – Des retards concernant le nouveau Siri ont surpris les chercheurs internes. – Apple discute avec OpenAI et Google pour améliorer Siri avec des modèles tiers.
Apple a failli rendre ses modèles d’intelligence artificielle open source, mais a finalement décidé de renoncer à cette option. Les récents départs au sein de l’équipe dédiée à l’IA chez Apple soulèvent des questions sur la stratégie interne de l’entreprise, notamment en ce qui concerne une éventuelle ouverture des modèles d’intelligence artificielle.
Au début de cette année, les membres de l’équipe chargée des modèles d’IA souhaitaient rendre plusieurs de leurs créations accessibles en open source. L’objectif était non seulement d’afficher les avancées techniques réalisées par Apple, mais aussi de bénéficier du soutien de chercheurs extérieurs pour optimiser encore davantage leurs performances. Toutefois, cette stratégie comportait un risque important : elle aurait pu mettre en lumière la chute significative des performances lorsque ces modèles étaient adaptés pour fonctionner localement sur iPhone, comparé aux versions destinées aux ordinateurs plus puissants ou aux centres de données.
Craig Federighi, le vice-président d’Apple responsable d’iOS et macOS, s’est opposé à cette initiative. Dans un e-mail adressé à Ruoming Pang – qui était alors le chef de l’équipe des modèles fondamentaux avant d’être recruté par Meta pour 200 millions de dollars – il expliquait qu’il existait déjà suffisamment de modèles open source dans le secteur pour encourager la recherche sans que cela n’inclue ceux d’Apple. Bien que la publication ait pu démontrer que les performances des modèles d’Apple étaient inférieures à celles proposées par Alibaba et Google, Federighi craignait surtout une perception négative du public quant à ces adaptations jugées comme des compromis excessifs nécessaires pour faire fonctionner l’intelligence artificielle sur iPhone.
Il apparaît que les chercheurs internes sont convaincus que leur approche axée sur le traitement local limite considérablement les capacités réelles des modèles développés. Craig Federighi lui-même aurait reconnu cette contrainte lors d’échanges avec Ruoming Pang.
Lors du lancement d’Apple Intelligence l’année dernière, la protection des données personnelles représentait un argument central et privilégier le fonctionnement local faisait partie intégrante de cette stratégie. Cependant, il semblerait que cela impose davantage de restrictions sur les fonctionnalités liées à l’intelligence artificielle que ce qu’Apple communique officiellement.
D’autres informations ont également émergé récemment concernant Apple Intelligence. Les chercheurs en IA ont été surpris par l’annonce des retards liés au nouveau Siri alors qu’ils ne recevaient jusqu’alors que des retours positifs concernant leur travail. De plus, la possibilité qu’Apple utilise des modèles tiers (comme Claude ou ChatGPT) au lieu de se concentrer exclusivement sur ses propres développements a suscité étonnement et interrogations.
Dans ce contexte, Apple a également entamé discussions avec OpenAI ainsi qu’Anthropic et Google afin d’utiliser leurs grands modèles linguistiques (LLM) pour améliorer Siri. Parallèlement à cela, les membres restants de l’équipe chargée des modèles fondamentaux ont été informés qu’Apple envisageait une révision salariale afin inciter davantage son personnel à demeurer dans l’entreprise.
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