À retenir : – apple demande le rejet de la plainte antitrust du doj – les accusations concernent l’accès des tiers aux services d’apple – apple souligne l’impact potentiel sur l’innovation des développeurs – le doj doit prouver que les actions d’apple nuisent aux consommateurs – la part de marché d’apple est insuffisante pour justifier un monopole
Apple a demandé le rejet des poursuites antitrust engagées par le ministère de la Justice américain (DOJ). La firme à la pomme conteste la plainte déposée en mai, arguant que celle-ci ne respecte pas les critères légaux nécessaires pour établir une violation de l’article 2 du Sherman Act.
En ce qui concerne les accusations d’anticoncurrence, l’action en justice du DOJ se concentre sur l’accès des tiers aux services et fonctionnalités proposés par Apple. Toutefois, Apple soutient qu’une jurisprudence historique de la Cour suprême stipule que les entreprises peuvent définir elles-mêmes les conditions de leurs relations avec des partenaires externes. Le géant technologique insiste sur le fait que le DOJ cherche à l’obliger à investir dans le développement d’outils pour ses concurrents majeurs, ce qui pourrait freiner son innovation. Par exemple, le DOJ a suggéré qu’Apple aurait dû concevoir une version d’iMessage pour Android.
Pour illustrer ces accusations de comportement anticoncurrentiel, Apple cite cinq points principaux :
1. **Les super-applications** : Apple a restreint la manière dont les développeurs pouvaient classer et afficher leurs mini-applications sur l’App Store tout en contrôlant leur accès au système de paiement intégré.
2. **Applications de cloud gaming** : Initialement, Apple exigeait que les jeux en streaming soient soumis individuellement à un examen comme des applications autonomes avant d’assouplir cette exigence par la suite.
3. **Applications de messagerie** : Les applications tierces n’ont pas eu accès au protocole SMS pour fonctionner en arrière-plan lorsque fermées ni à l’appareil photo des iPhones ; par ailleurs, iMessage n’a pas été développé pour Android.
4. **Montres connectées** : Les montres connectées concurrentes n’ont pas pu répondre aux notifications des iPhones ni maintenir certaines connexions Bluetooth sans désactiver iMessage, et l’Apple Watch reste incompatible avec Android.
5. **Portefeuilles numériques** : L’accès limité accordé aux applications tierces concernant certaines informations financières sensibles et à la technologie NFC réservée exclusivement à l’application Cartes (Wallet).
Apple argue que la plainte du DOJ ne démontre pas comment ces limitations ont pu nuire aux consommateurs ou influencer leurs choix lors de l’achat d’un smartphone. Pour qu’une action antitrust réussisse , il incombe au DOJ de prouver que les comportements d’Apple sont préjudiciables aux consommateurs et étouffent effectivement la concurrence ; cependant, celui-ci prétend qu’Apple maintient ses clients dans un écosystème fermé.
La société affirme également qu’elle ne détient pas un monopole puisque elle fait face à une forte concurrence venant notamment de Google et Samsung, rendant ainsi difficile pour le gouvernement d’établir une position monopolistique selon les critères usuels. En effet, alors qu’Apple possède environ 65% du marché américain des smartphones, Microsoft avait vu sa part atteinte jusqu’à 95% lors du procès qui lui était intenté.
À présent que sa requête en irrecevabilité est déposée , le juge Julien X. Neals examinera cette demande ainsi que les arguments avancés par chaque partie avant de décider s’il y donne suite ou non